Ce document était le support d’une intervention dans le cadre des Assises européennes de la culture, le 8 octobre 2025 à Amiens. Elle n’a pu se faire que partiellement.

Le partage de ce document, dans son intégralité, permet de le rattacher dans la perspective de cette contribution à un atelier intitulé :« Il était une fois l’EAC : la tentative d’une théorie de l’évolution d’une politique publique ».

En l’occurrence, en s’adressant à des acteurs de l’EAC, il s’agissait d’identifier devant eux, malgré les remarquables progrès de l’EAC (abordée par souci de légitimité et par commodité sous l’angle principal de l’éducation artistique), les obstacles qu’elle doit encore surmonter pour atteindre l’horizon de massification qui lui a été assignée en France comme politique publique.

En l’occurrence se joue sur ce plan un point de tension majeure entre visée universelle et typologies des territoires, corrélées aux situations sociales. Ceci, en contexte de volonté de massification, interroge — sous cet objectif là — l’opérationnalité du primat des paradigmes historiques de l’EAC française. Notamment : une forme du partenariat de réalisation plutôt ancré sur l’artiste pour chaque action, la centration principale sur la ressource et la pratique artistiques dites « authentiques », la recherche d’exception [un extraordinaire (systématique ?)] dans les situations proposées). Toutes, qu’il ne s’agit pas ici de déconsidérer, contribuent à une définition habituelles d’une EAC dite de qualité, mais sans peut-être se donner les moyens d’intégrer d’autres paradigmes, dont ceux des apprentissages sensibles, des formes pédagogiques, des formats éducatifs formels et informels concourant à une plus grande régularité.

Se jouent également de possibles corrélations entre différentes cartographies. D’abord, celles des aires de vie et d’attractivité. Ensuite, celles des ressources et équipements structurants. Également, celles des territoires scolaires. En superposant ces cartes, on repère alors assez rapidement la ruralité peu dense et très peu dense, les aires des bourgs et petites agglomérations où s’exerce la scolarité obligatoire de plus de 35 % des jeunes. Ces 35 % forment peut être le gap de l’atteinte d’un 100 % EAC effectif, et surtout régulier. Une promesse éducative républicaine qui se réitère.

La question serait-elle alors, dans des secteurs géographiquement isolés ou éloignés des arts et de culture, de se demander s’il faut aussi agir selon des modalités autres ? Pour cela, faut-il sortir possiblement de certains paradigmes historiques de l’EAC française ? Et pour l’École, sans renier l’esprit de l’EAC, très collaboratif, de savoir si l’on doit aussi se convaincre d’inventer une véritable « politique scolaire » de l’EAC, où les enseignements artistiques et l’EAC fassent (positivement) système ?

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L’auteur

Christian Vieaux est un expert institutionnel en enseignements et éducation artistiques. Il vit et travaille en France.